La voix de Poché

La voix de Poché

Petite histoire de l'Eglise de Poché

 

 

Dans « La Voix de Poché » de décembre 2013, intitulé « Des cartes anciennes au cadastre d’aujourd’hui », Alain Lebrun  nous évoque ce qu’a pu être cette petite église qui devait être le centre de la vie de la paroisse de Poché.  

           (tableau de Théodore Boulard )           DSC08788.JPG

 

Ainsi on peut lire « …L’église Saint Martin  fut fermée ainsi que le cimetière, les cloches ont disparu, les archives transférées au presbytère de Sainte-Sabine et le mobilier, statues, tableaux, se retrouva dans l’église du bourg, église entourée de son cimetière. Quant à l’ensemble, presbytère, église, cimetière, terres appartenant à la fabrique, il fut vendu comme bien national à un cabaretier de Sainte-Sabine et devint une ferme. …On peut admirer quelques objets sauvés dans l’église actuelle du bourg, deux statues classées, posées en haut du retable : à gauche Sainte Scholastique (1705) et à droite Saint Thibault ainsi que le tableau du « crucifiement ». Pour le reste…. Tout a disparu. …Petit à petit le hameau se fit oublier… »

Déjà, en 1920, « la semaine du fidèle » se faisait l’écho de l’histoire de cette petite église. « La petite église, désolée comme une ruine reste encore debout au milieu des champs cultivés et fertiles : le presbytère est devenu une habitation métayère, et de la maison de Dieu on a fait une grange. Durant de longs siècles pourtant les louanges de Dieu ont été chantées, le sacrifice de la sainte Messe a été offert au fond de cette campagne si riche de ses productions de tout genre, couvertes de bois, coupées de prairies et de champs en culture, souvent revêtue comme d’un splendide manteau par d’exubérentes moissons. De saints prêtres ont passé là en faisant le bien, comme nous l’allons dire tout à l’heure. Saint-Martin a protégé longtemps les humbles et pieux fidèles de cette contrée, car on y vit jadis fleurir la foi, et par elle les vertus chrétiennes… »

C’est avec beaucoup de nostalgie que j’ai pris connaissance de ces articles. Le registre paroissial de Poché est rempli des anecdotes qui ont jalonné la vie de cette petite église. Les curés qui se sont succédé entre 1673 et 1790 ont régulièrement rapporté les évènements importants la concernant, par exemple : La bénédiction de la statue de Saint-Sébastien, exposée à la vénération du peuple en 1704, l’exposition et la bénédiction de la statue de Sainte-Scholastique (1705), l’édification de la croix en pierre de roussard dans le cimetière au lieu et place de l’ancienne croix « qui était toute pourrie » (1740), la construction du clocher et la réparation de la couverture de l’église aux frais du curé Pierre René Loppé  pour un montant de 120 livres (1740), la construction du portail et des murs de la cour, toujours aux frais du même curé pour un montant de 80 livres (1740), L’arrivée en 1775 du livre de chant offert par monseigneur l’Evêque du Mans, à la requête du curé René Hulot, qui a permis, enfin, de proposer des messes chantées à ses paroissiens, le don par le curé de Sainte-Sabine, doyen de Beaumont, d’un tabernacle représentant la figure de la Sainte Vierge, en retour Saint-Dominique à genou et de l’autre la vénérable Agnès de Jésus, aussi à genou, le tout placé sur un gradin de marbre (1780).

 

Et que reste-t-il de tout cela. On sait que certains éléments sont visibles dans l’église de Sainte –Sabine. L’auteur rappelle que « Poché a conservé ses maisons, son église avec son clocher à campanile, son cimetière et sa croix de 1740, son presbytère », si bien entretenu par ses propriétaires successifs.

En fait de cimetière, on peut noter que son emplacement a été protégé, la croix de Roussard édifiée en 1740 y demeure en bonne place et une vieille croix en pierre est également visible dans un coin au fond de l’espace. Je ne peux m’empêcher de penser que mes lointains ancêtres, qui sont nés à Poché, qui s’y sont mariés, qui ont baptisé leurs enfants, reposent sans doute encore sous terre, à l’ombre de la croix de pierre.  Au moins deux curés, jean Veau (1722) et René Pierre Loppé (1747) ont été inhumés dans l’Eglise. Jeanne Simion, épouse de Mathurin Dutertre  (1724), sans doute bienfaitrice éminente de la paroisse, également. Que sont-ils devenus ?

L’église est depuis longtemps désaffectée et ne se visite pas. Elle est devenue une dépendance de la ferme. Seuls les fonds baptismaux et le bénitier y sont encore visibles et attestent que ce lieu fut un lieu de prières et de recueillement, leur rusticité étant la marque d’une paroisse de campagne aux moyens sans doute bien modestes. (Christiane Palasset)


PICT0010-001.JPG
   fonds baptismaux.jpg  DSC05218Rr.jpg  DSC05220R.jpg

photos Alain Lebrun, Christiane Palasset

 

 

 

 



28/12/2013
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